Lorenzo Ferrigno

Après des études théâtre à l'université Aix-Marseille, Lorenzo Ferrigno fait de la médiation culturelle. Passionné de cinéma, de photos et de vidéos, il réalise régulièrement des captations, pour le compte d'associations, des clips pour des groupes de musiques. Il a participé comme comédien au film de Nicolas Lugli "Sur un fil" avec Moussa Maaskri. A vingt ans il écrit pour le théâtre, à quarante il écrit pour le cinéma ! Il scénarise "Un noir sous le soleil", et passe derrière la caméra pour la première fois pour une œuvre de fiction. Il créé en 2016, un société de production, TrinaProd.

 

 

intention du realisateur

"Un noir sous le soleil" est un projet qui me tient à cœur. En 2013, deux jeunes berrois me proposent une aventure des plus insolites. Figurer comme comédien dans leur film. Nicolas Lugli et Yanisse Mahmoudi, c'est bien eux dont il s'agit, me font lire leur scénario et je découvre "Sur un fil". Ce court métrage aura Moussa Maaskri comme acteur principal. Le rôle du médecin m'est réservé. Dans une autre vie, j'ai fait du théâtre et même des études sur cet art. Il n'y a pas moins de 20 ans. A cette époque, Nicolas et Yanisse n'étaient pas nés. La vie m'a permis de faire autre chose et je m'en félicite. Les gamins (comme j'aime à les appeler), m'embarquent dans leur sillage. Mais j'avoue le cinéma m'a toujours attiré. Je suis avant tout un grand cinéphile. Je n’ai nullement la prétention de vouloir devenir la star du moment, je laisse la place à qui veut la prendre, mais m'engager dans des projets fous, çà je me l'impose. Je me lance dans une nouvelle aventure, avec la réalisation d'un film. Un noir sous le soleil est un comédie-dramatique où il y aura des gangsters de la pègre de Marseille qui veulent se faire la peau. Un sujet banal mais qui en dit long sur la situation à Marseille. Régulièrement des jeunes se font assassinés en pleine rue. On sait qu'ils sont morts, qu'ils appartenaient au banditisme. Mais on ne parle jamais du processus... Par qui et comment et pourquoi, ils sont morts ? Alors je l'ai imaginé.

Et je me dis qu'ils sont morts pour rien. Réaliser un film c'est poser un regard. Un regard sur notre société, sur l'actualité. C'est aussi, mettre en lumière, un environnement. Dans le sud de la France le crime se banalise. Des jeunes meurent dans la rue... Des jeunes sans repères, avec une vision erronée de notre société. On se prend pour Tony Montana, Rocky Balboa. On existe au travers du "Vu à la télé". On brille grâce aux marques. On aspire à être quelqu'un. On tue aussi facilement que d'acheter une paire de baskets. Puis il y a les anciens du crime. Ceux qui pensent que des codes d'honneur doivent être instaurés. Que désormais la hiérarchie laisse place un système individualiste des réseaux mafieux. Mais dans les deux cas, il y a mort d'hommes. Réaliser ce film, c'est aussi pour moi, dénoncer avec le rire. Car oui ! "Un noir sous le soleil" est une comédie. Un peu à la manière des comédies italiennes des années 50, où on rit d'une société crue. Je garde aussi les codes du film noir et je laisse aux personnages toute leur tragédie. Je cherche en eux, un peu comme les peintres maniéristes, un certain prolongement de leur caractère qui les poussent à l'extrême.
Bien sûr que les références cinématographiques ne manquent pas sur ce projet. Dans ma tête, et avec humilité, les frères Coen et Quentin Tarantino ne sont pas loin. Ils me dirigent vers un cap. Scorsese et Coppola les suivent à grand pas. Il y a Melville aussi pour ses durs à cuire et ses vieilles américaines. Un hommage à Franck Capra sera rendu sur une scène entière. J'y mettrai une petite dose de Pagnol, juste ce qu'il faut... Réaliser un film en noir et blanc, c'est surtout pour l'esthétisme, pour la beauté de l'image. C'est aussi l'étrangeté de voir un monde sans couleurs. Il y a aussi une vision manichéenne, le noir et le blanc, le bien et le mal. Cela apporte aussi une part de mysticisme. Les religions sont présentes aux travers de plusieurs personnages, elles sont utilisées, pour masquer une hypocrisie. Réaliser un film, c'est aussi le travail de toute une équipe. C'est s'entourer des copains. C'est vivre un moment ensemble, et mettre en commun sa créativité. Réaliser ce film est un partage..." Lorenzo Ferrigno